certificat de conformité obtenu le dimanche 13 juillet 2008

poème anodin

Vit’ fait
J’aurais voulu, avant que tu ne disparaisses
silencieux, fracassé contre un mur d’eau de mer
ou englouti dans une avalanche de neige
me ligoter à ton regard illimité
jusqu’au plus haut du ciel, au plus profond du gouffre,
jusqu’au noyau dur du mystère originel.
Ta langue a ce goût de soleil frappé de givre
qui scintille en coulant à tes lèvres scellées
qui n’ont jamais connu le baiser apaisant
des giclées échappées des torrents redoutables.
je ne les laisserai pas souiller ta jeunesse
j’irai les capturer pour les anéantir
pour que le mal n’ait plus de prise sur ton monde
je combattrai jusqu’à l’ensevelissement
jusqu’à l’expiration de ton souffle éternel,
comme une jeune soeur du puissant Son Sacré
cachant le nouveau roi dans les plis de ses manches
pour tromper les gardiens aux portes de l’exil....
Ton souffle où les flocons de neige tourbillonnent
furieux, passionnément fiévreux, entre les glaces ;
ton souffle permanent, à figer dans la terre
le corps qui s’est calmé de la faim et du froid ;
ton souffle au goût salé où l’écume de mer
relace ses dentelles en matériau charnel 
ton souffle où les sirènes aux seins de coquillages
écartent entre deux eaux leurs paupières de bulles
où sèchent au ralenti des larmes de corail.
Ton souffle plus sucré qu’une barbe à papa,
ton souffle où l’amour pur se sucrecristallise,
ton souffle au long duquel on voit passer des siècles,
des château-forts marins, des domaines terrestres
de célestes cités aux monarques de plumes
et tous les océans et toutes les banquises
qui voudraient se mêler sur un signe de toi
fondre les méridiens avec les parallèles
faire un réseau tressé de traînes de comètes
pour orner la couchette où tu vas t’endormir...
Saint-Cloud le 3 novembre 2002 
 


 
 
 
 

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